DFPN : « Nous sommes un réseau d’aide aux candidats en recherche d’emploi »

DFPN : « Nous sommes un réseau d’aide aux candidats en recherche d’emploi »

Emmanuelle Grisez est présidente et fondatrice du Doha French Speaking Professional Network. Elle nous parle de l’objectif de ce club, des spécificités de l’environnement professionnel au Qatar et des projets de son organisation.

Qatar Actu : Quel est votre parcours ?

Emmanuelle Grisez : Je suis diplômée en langues orientales. Je suis aussi titulaire d’un magistère de relations internationales et d’un DESS en sciences de l’information. À l’issue de mon cursus universitaire, j’ai été recrutée pour faire du Knowledge management et de la veille en entreprise chez PriceWaterhouseCoopers. J’ai travaillé durant 9 ans dans ce cabinet sur la recherche et le partage d’informations. Au cours de mes expatriations, j’ai ainsi ressenti un besoin d’informations au niveau professionnel et d’échanges de contacts. J’ai eu l’idée, quand j’étais expatriée en Égypte, de créer un club de ce type, mais je n’ai pu la mettre en œuvre, car la révolution égyptienne a éclaté. Je suis arrivée en 2012 à Doha, et l’idée a fait son chemin.

Qatar Actu : Qu’est-ce que le DFPN ?

Emmanuelle Grisez : Il s’agit d’un réseau d’entraide pour faciliter l’insertion professionnelle des francophones présents au Qatar. Le club repose entièrement sur le bénévolat et l’esprit de partage. Nous nous sommes organisés en bureau et le club fonctionne grâce à une équipe très motivée : Anis Braiki, Béatrice Schenkery, Carly Jane Figgis, Estelle Cros, Estelle Roure, Gwendoline Warscotte, Hélène Dambier, Marie Dumond, Sophie Payet, Virginie Sandrock et Wajdi Ennouni. Sans oublier, l’aide précieuse de Céline Sabatier pour la communication. Les membres doivent adhérer au club afin de s’assurer qu’ils en partagent bien les valeurs. Les adhérents versent 200 QR pour l’année pour couvrir les frais de fonctionnement.

 

Qatar Actu : Pourquoi le DFPN ?

Emmanuelle Grisez : Quand je vivais en Égypte, je souhaitais organiser des soirées de partage d’expériences. Les expatriés ressentaient bien la difficulté de travailler dans un environnement différent et le problème d’adaptation culturelle. Le Qatar, lui, est une terre d’opportunités professionnelles. Le conjoint d’un salarié a le droit de travailler, contrairement à l’Égypte et il y a un très fort besoin de compétences étrangères. J’avais le sentiment qu’eu égard à l’expérience et à la formation des conjoints, ils devaient pouvoir trouver un emploi au Qatar. Mais le « décodage » du contexte professionnel qatarien est nécessaire. J’ai donc souhaité regrouper des personnes à la recherche d’un travail afin qu’ensemble, nous soyons plus efficaces dans nos recherches. Le DFPN est parti de cette idée : rassembler le maximum d’informations et de contacts pour mieux comprendre le fonctionnement du marché du travail dans ce pays.

Qatar Actu : Quel est le profil des adhérents ?

Emmanuelle Grisez : Le DFPN est composé de deux types de membres : les personnes en recherche d’emploi et les personnes déjà en poste qui acceptent de partager leurs expériences. Je suis toujours ravie de découvrir la grande variété des candidats qui viennent au club, aussi bien en termes d’expériences, de qualifications, de nationalité que d’âge. En outre, ce n’est pas un club féminin, car il rassemble un tiers d’hommes. En effet, beaucoup de femmes sont recrutées comme expatriées et leur conjoint les suit. Ce fait illustre à la fois une mutation de la société et une évolution des profils en expatriation.

Qatar Actu : Comment fonctionne le DFPN ?

Emmanuelle Grisez : Nous animons des Matinales, tous les 15 jours, les lundis matins, à 10h. Elles se déroulent au sein du café « Bread and bagels » qui se situe dans la Beach Tower. Les personnes en recherche d’emploi se retrouvent donc deux fois par mois, à cette occasion.

Nous organisons également des ateliers et des soirées de partage d’expériences. Les amis du DFPN en poste font ainsi part de leur expérience aux personnes en recherche d’emploi. C’est aussi une bonne manière de créer des liens et de constituer un réseau. La prochaine soirée aura lieu le mercredi 19 novembre, à 19h30, dans les locaux de « Bonjour Paris », sur le thème de « Qatar 2022 ». Il nous a paru judicieux de faire un point afin de mieux connaître les différents projets et de se faire une image d’ensemble. Nous aurons plusieurs intervenants : Christian Dumond, responsable RATP et SNCF International au Qatar, exposera sa vision de l’horizon 2022 ; Pascal Roger, responsable d’Ubifrance Qatar, parlera des opportunités offertes aux sociétés françaises ; Michel Filliau, conseiller auprès du comité Olympique, évoquera plus spécifiquement le secteur du sport.

Nous organisons un à deux ateliers par mois. Une partie de nos ateliers sont destinés aux personnes en recherche d’emploi et traitent d’une grande diversité de thèmes  : Comment créer un CV sur le modèle anglo-saxon ? Comment développer son réseau ? Mieux utiliser les réseaux sociaux. Nous organisons aussi des ateliers plus larges qui sont centrés sur la culture professionnelle. Le candidat en recherche d’emploi doit rester en éveil sur ce qui se passe dans le monde professionnel et connaître les tendances. De même, les personnes en poste souhaitent souvent accroître leurs connaissances sur les évolutions du monde du travail. Les ateliers sont animés par des membres qui disposent d’une expertise. Ainsi, nous aborderons le thème du Lean Management (mode d’amélioration continue de l’organisation du travail) le jeudi 27 novembre, à 17 h 30, dans la tour Al Fardan.

Qatar Actu : Comment le DFPN aide concrètement les candidats à trouver un emploi ?

Emmanuelle Grisez : Durant les Matinales, nous essayons de faire connaître aux candidats l’environnement professionnel au Qatar. Nous leur donnons un certain nombre de pistes et de contacts. Il est important aussi de les aider à réfléchir sur le type de poste qu’ils souhaitent occuper. Nous nous rendons compte que, bien trop souvent, les candidats arrivent avec une idée bien définie et un peu rigide, car ils souhaitent retrouver le type de poste qu’ils avaient auparavant. Il ne faut pas se laisser enfermer dans l’illusion de retrouver son emploi d’origine car, sauf exception, il sera difficile de trouver un poste similaire et quoi qu’il en soit, s’il existe, il sera très différent. Au Qatar, il y a souvent un écart entre la fiche de poste et la réalité des fonctions exercées.

Nous faisons donc un travail collectif, d’échange d’idées, pour aider les candidats à avoir l’esprit ouvert. Nous insistons sur l’importance de mettre en avant les compétences « transférables » dans le CV et de définir ainsi un projet professionnel. Pour aider les candidats, Estelle Roure, organise à chaque rentrée un atelier spécifique sur le thème : «  Travailler et définir son projet professionnel au Qatar ».

Le DFPN apporte aussi une assistance personnalisée aux candidats. Nous relisons l’ensemble des CV en anglais et nous donnons des conseils. L’important est de rendre ce document le plus clair possible, eu égard à la diversité culturelle des recruteurs.

Enfin, nous incitons les membres à mettre en partage leur réseau, afin d’aider l’ensemble des candidats. C’est ainsi que nous recevons des offres d’emploi et nous identifions des membres du club possédant le profil recherché.

Le DFPN apporte également un soutien psychologique aux candidats. Après la première phase d’excitation, succède généralement le découragement. La personne en recherche d’emploi se sent plus forte lorsqu’elle peut partager ses inquiétudes et échanger avec d’autres candidats.

Qatar Actu : De combien de membres est composé le DFPN ?

Emmanuelle Grisez : Nous étions fin juin 60 membres à jour des cotisations. Nous avons accueilli depuis la rentrée 40 nouveaux membres. L’année a bien redémarré.

Qatar Actu : Quels sont vos projets ?

Emmanuelle Grisez : Tout d’abord, le fait d’être membre donnera accès cette année à l’espace sécurisé de notre site qui sera composé de l’annuaire en ligne des membres, des documents du club produits pour les ateliers et les soirées et d’un forum d’échange.

Nous lançons également la création de fiches sectorielles qui serviront aux candidats pour avoir une meilleure vision des principales sociétés du secteur présentes au Qatar et à identifier les personnes qui peuvent avoir des contacts dans leur domaine d’activité. Nous avons besoin de tous les amis du DFPN pour réunir ces informations. Le modèle de fiche a été développé par Estelle Cros. Les candidats eux-mêmes la complèteront à deux ou trois, au fil de leur recherche. L’objectif est de mieux comprendre le mode de recrutement et les types de profils recherchés par secteur.

Qatar Actu : Quels sont les résultats du DFPN ?

Emmanuelle Grisez : Au mois de novembre, le DFPN va fêter ses deux ans d’existence. Nous avons réalisé 7 soirées d’échanges professionnels et une douzaine d’ateliers. Le club a aidé directement une vingtaine de personnes à trouver un emploi permanent et une trentaine à trouver des missions temporaires. Il a permis également de créer de nombreux liens et des contacts qui ont facilité indirectement la recherche d’un poste.

Qatar Actu : Quels conseils donneriez-vous à un candidat arrivé tout nouvellement au Qatar ?

Emmanuelle Grisez : J’en donnerais quatre :

1° Faire des cartes de visite comprenant votre nom et vos coordonnées. Ne pas oublier d’inclure l’intitulé du profil. Pour les membres du club, nous créons des mini CV au format carte de visite.

2° Améliorer son anglais pour les francophones qui ont besoin de reprendre confiance.

3° Travailler son réseau quel qu’il soit. Les parents d’enfants scolarisés ont, par exemple, la chance de pouvoir rencontrer de nombreuses personnes dans l’école de leurs enfants. Le candidat peut aussi participer à des évènements culturels, des vernissages, des inaugurations, s’investir dans du bénévolat, des clubs sportifs. Il faut également aller visiter les salons. Généralement l’entrée est libre au Qatar et c’est l’occasion d’identifier les sociétés qui recrutent. En outre, le candidat peut se rendre aux ateliers professionnels, comme ceux d’How Women Work, du centre Bedaya, aux colloques des universités. Enfin, les rencontres du Qatari French Business Club, des ambassades francophones, et bien-entendu les soirées et ateliers organisés par le DFPN, constituent un excellent moyen d’étendre son réseau.

4 ° Être ouvert à des propositions que l’on n’aurait pas examinées dans son pays d’origine.

Et bien entendu, adhérer au DFPN !

Propos recueillis par Patricia Gendrey

 Pour aller plus loin :

Soirée professionnelle DFPN :Qatar 2022 : perspectives, opportunités et défis.

Atelier professionnel : « Lean Management : un aperçu et des expériences »

Doha French Speaking Professionnal Network (DFPN):contact@dfpn.org



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