Éric Chevallier : La France et le Qatar, une dynamique à long terme

Éric Chevallier : La France et le Qatar, une dynamique à long terme

Les relations commerciales entre Doha et Paris, l’implication durable des entreprises françaises et leur volonté de participer au développement social et humain du pays, les principaux évènements du premier trimestre…

Tour d’horizon avec l’ambassadeur de France au Qatar, Éric Chevallier.

 

 

Qatar Actu:  Quel est l’état des relations commerciales entre Doha et Paris ?

Éric Chevallier : Excellent ! 2015 fut une année qui a dépassé tous les records, nous sommes passés à trois milliards d’euros de flux commerciaux, dont deux milliards et demi d’excédents.  Le Qatar est ainsi passé en cinquième position des excédents commerciaux de la France dans le monde.

C’est un record absolu, permettant à la France de passer de la neuvième place en 2014, en termes de part de marché, à la deuxième en 2015.

Nous avons dépassé tous nos concurrents européens et asiatiques pour nous retrouver juste derrière les États-Unis.

Il faudrait même estimer ce montant un peu plus à la hausse, puisqu’une partie des biens arrivant ici, passent par des zones franches de Dubaï et ne sont donc pas comptabilisés.

Ceci concerne uniquement les flux commerciaux, qui sont indépendants des contrats.

Toujours en 2015, nous avons signé huit milliards d’euros de contrats.

À peu près, six milliards et demi de contrats militaires, dont le fameux contrat des avions Rafale et un peu plus d’un milliard et demi de contrats civils.

Après de tels chiffres, il est normal de se demander ce qui va se passer en 2016. Allons-nous garder le rythme ? Est-ce que la conjoncture du prix des hydrocarbures va affecter le processus ?

Les grands programmes qatariens ne sont pas touchés, parce que d’une part le Qatar a décidé de maintenir ses grands investissements en infrastructures, d’autre part il a sans doute la meilleure résilience de la région à la baisse des prix des hydrocarbures.

Toutefois, il y a une forme de contraction des activités économiques.

Dans ce contexte, on n’a pas encore tous les chiffres 2016, on ressent une petite contraction mais dans le même temps, de nouveaux contrats sont signés. En particulier, le contrat emblématique de TOTAL avec Qatar Petroleum pour la création d’une joint-venture pour l’exploitation, les vingt-cinq prochaines années, du champ d’Al-Shaheen, qui représente à peu près la moitié de la production du pétrole qatarien.

Parallèlement à tout cela, la présence française continue de se développer. En 2015, nous avions dépassé les cent entreprises françaises implantées au Qatar. Désormais, il y en a près de cent vingt.

Nous continuons de croire au développement économique du Qatar et donc au potentiel pour les entreprises françaises.

Il faut que les entreprises s’inscrivent dans une dynamique à long terme.

Je suis, de ce point de vue, très heureux que, le 5 septembre, trois accords aient été signés qui montrent l’implication durable des entreprises françaises et leur volonté de participer au développement social et humain. Ce n’est pas qu’économique.

En effet, ce 5 septembre, à la suite de l’accord entre l’Institut Pasteur et le Qatar, signé début janvier, nous avons signé un accord spécifique entre le ministère qatarien de la Santé publique, l’ambassade et l’entreprise française Sanofi pour des formations de cadres qatariens.

Le deuxième accord concerne Dassault et Qatar University pour la formation d’ingénieurs.

Et le troisième, Alstom et HEC Paris au Qatar pour les formations en gestion.

 

QA : La communauté française est-elle en croissance par rapport à l’année précédente et quelle sera son évolution ?

EC : L’année dernière, certains évoquaient le départ de beaucoup de Français, mais j’avais demandé d’être prudent à ce sujet.

Oui, il y a des Français qui sont partis parce qu’il y a des contrats qui s’arrêtent, mais des contrats sont également signés, que ce soit avec des entreprises ou des personnes physiques.

Et de fait, lorsque l’on regarde les chiffres de la communauté française à la rentrée 2016, 4200 Français sont enregistrés et si on compte les 700 – 800 qui ne le sont pas encore, on est presque à 5000.

Nous sommes donc sur des chiffres légèrement supérieurs par rapport à l’année dernière.

L’autre indicateur, c’est les écoles. Cette année encore, les demandes d’inscription ont été très nombreuses aux lycées Bonaparte et Voltaire.

Il y a eu des départs, oui, mais des arrivées également ; le taux de Français a d’ailleurs augmenté cette année à Bonaparte.

On a eu du mal, mais on a pu répondre à notre obligation de servir tous les enfants français en âge de scolarité obligatoire.

Le lycée Bonaparte avec 1450 élèves est à son maximum, c’est pour cela qu’il y a un projet d’extension potentiel.

Le lycée Voltaire continue aussi sur la même voie, dépassant les 1500 élèves cette année.

 

QA : Quels seront les temps forts de l’ambassade cette année ?

SE : Pour commencer, les visites ministérielles. Il y a en a eu deux déjà depuis début septembre.

Le Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger Matthias Fekl qui est venu début septembre.

Et la visite il y a quelques jours du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Il y en aura d’autres, dont la prochaine, déjà confirmée, du Secrétaire d’État au Sport pour les mondiaux de cyclisme.

On aura également un certain nombre d’évènements culturels importants :

Le 6 octobre au soir, la compagnie chorégraphique « Turn off the Light » venue de Nantes, a présenté un spectacle au Qatar National Theater. Un beau succès avec une salle comble de 500 personnes !

Le festival européen de Jazz, au village culturel Katara, où la France fera le concert d’ouverture, le 2 novembre, avec un groupe basé à Toulouse qui se nomme EZZA. Cette formation musicale interprète un mélange de musique à la fois Jazz, Blues, Rock et Touareg.

Le Salon du livre, du 30 novembre au 10 décembre et à partir du 5 décembre la présence de l’écrivain Yasmina Khadra.

 

QA : Qu’en est-il dans le domaine sportif et dans les autres secteurs ?

EC : Tout d’abord, les championnats du monde de cyclisme sur route du 9 au 15 octobre, avec une fan zone au Pearl. Le samedi 15 au matin, un évènement sera ouvert au public qui sera invité à faire des tours de vélos. Il faut s’inscrire car les places sont limitées. J’y participerai moi-même.

Les comités olympiques nationaux du monde entier se retrouveront ici pour une assemblée générale au Qatar mi-Novembre. Une large délégation française sera alors présente dans le pays.

Dans le domaine médical, ce 9 octobre, une équipe de l’Institut Pasteur a débuté un séminaire de formation de responsables qatariens de santé publique et de maladies infectieuses du ministère de la Santé.

Le don du sang en partenariat avec Doha Accueil aura lieu à la résidence de France le 18 octobre.

Dans le domaine militaire, Milipol se tient cette année au Qatar le 30 octobre, avec une présence française de haut niveau, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment.

Enfin, il y a deux anniversaires très importants cette année, qui montrent l’implication de la France au Qatar dans la durée : les 40 ans du Lycée Français devenu Bonaparte et les 80 ans de présence de Total.

 

QA : Quel message aimeriez-vous transmettre à la communauté française en cette rentrée 2016 ?

EC : Il faut s’enregistrer auprès de l’ambassade, c’est dans votre intérêt.

À la fois pour nous permettre de passer les messages de sécurité, d’informations sur nos activités, mais aussi pour obtenir la carte consulaire qui permet la détaxe sur vos achats à l’étranger.

En outre, pensez à vous inscrire sur les listes électorales, vous avez jusqu’au 31 décembre. Et suivez-nous sur les réseaux sociaux !

Je voudrais également faire passer un dernier message à nos compatriotes : nous sommes là pour la communauté française.

 

Propos recueillis par Karine Jammal

 



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