Interview du Duo Lafitte : Un duo de pianistes ouvert sur le monde

Interview du Duo Lafitte : Un duo de pianistes ouvert sur le monde

Isabelle et Florence Lafitte sont pianistes, sœurs jumelles et forment le Duo Lafitte. Elles Joueront à Doha dans le cadre des journées de la francophonie qui se tiendront du 12 au 31 mars. Elles nous parlent de leur carrière et du concert d’ouverture de ce samedi soir.

Qatar Actu : Comment la musique est-elle entrée dans votre vie ?

Duo Lafitte : Nos parents étaient musiciens amateurs. Nous avions également des tantes et des grands-tantes pianistes, duettistes et professionnelles. Le piano tenait une place très importante dans notre famille. Nos cousins jouaient tous de cet instrument. C’est donc tout naturellement que nous avons commencé la musique vers l’âge de six ans.

Florence : Isabelle a d’instinct improvisé et joué de façon extraordinaire. Nos parents ont de suite compris qu’elle avait un don exceptionnel. La musique coule dans ses doigts comme un médium. Elle sait transcrire musicalement les émotions, les ambiances et les non-dits. Nous avons entrepris alors une quête à deux : la recherche de ce que l’on peut exprimer avec des notes et qui traduit l’indicible.

Isabelle : Florence a le don du travail. Elle compense ma tendance à l’indolence. Les dons de l’une et de l’autre nourrissent notre duo.

Qatar Actu : Quel est votre parcours ?

Duo Lafitte : Nous avons étudié au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon. Grâce à des bourses du Ministère des Affaires étrangères, nous avons  intégré l’Académie Franz Liszt de Budapest, puis la Manhattan School of Music aux États-Unis.

Qatar Actu : Vous êtes sœurs, est-ce une force pour former un duo ?

Duo Lafitte : Il faut sans doute appartenir à la même fratrie ou être conjoint pour pouvoir continuer à travailler en dépit des contrariétés. Un travail comme celui-ci créé parfois des tensions. Il faut donc faire des compromis, ce qui nécessite de bien se connaître.

Qatar Actu : Comment parvenez-vous à exprimer votre individualité ?

Duo Lafitte : Pour permettre à chacune d’exprimer sa personnalité, il faut trouver un consensus et accepter que le caractère de l’autre – qui peut être plus fougueux, plus rythmique, plus mélodique – prenne le pas dans tel passage, pour telle œuvre, par exemple.

Qatar Actu : Le répertoire pour duo de piano est-il large ?

Duo Lafitte : Oui, contrairement aux idées reçues. Il y a plus de 50 concertos pour pianos quatre mains, plus de 500 concertos pour deux pianos et orchestre et plus de 10 000 œuvres pour deux pianistes sur un seul piano ou plusieurs. Nous nous sommes rendu compte de cette richesse lorsque nous sommes parties pour Budapest. En nous rendant à la bibliothèque de l’Académie Liszt, nous avons constaté qu’il y avait beaucoup de pièces musicales écrites. Après notre séjour aux États-Unis nous avons  entrepris un catalogage,  disponible aujourd’hui sur notre site et que nous mettons à disposition des duettistes du monde entier. Nous souhaitons répandre cette formation à travers le monde. C’est la raison pour laquelle nous sommes actives dans le concours pour piano quatre mains Félix Przedborski. Nous tenons d’ailleurs à lui rendre hommage car il nous a quittés aujourd’hui.

Qatar Actu :  Qu’allez-vous interpréter durant la soirée d’ouverture des journées de la francophonie ?

Duo Lafitte : Nous allons interpréter « La Petite Suite » de Claude Debussy que le compositeur avait découverte durant son séjour à Saint-Pétersbourg ; « La Petite Suite » d’Alexandre Borodine ; La « Rapsodie espagnole » de Maurice Ravel, il s’agit d’une suite de danses d’influence hispanique. Nous jouerons ensuite une pièce de Maurice Journeau d’inspiration du Pays basque ; Scaramouche de Darius Milhaud empreinte du personnage de la commedia dell’arte pour la première pièce ; la seconde est une chanson martiniquaise et la dernière pièce est inspirée de la samba brésilienne.

Qatar Actu : Que représente la francophonie pour vous ?

Duo Lafitte : Pour nous, c’est une francophonie qui  veut s’enrichir. Une francophonie ouverte sur le monde. Ces échanges culturels nourrissent la langue. Il en va de même de la musique.

Propos recueillis par Patricia Gendrey

 

Concert d’ouverture des journées de la francophonie : samedi  12 mars, à 19h30, Katara Opera House – Début de la soirée à 18h.

 

 



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