La Fnac, un agitateur culturel au Lagoona Mall

La Fnac, un agitateur culturel au Lagoona Mall

Ils étaient nombreux hier soir à se presser à l’inauguration de la première Fnac du Qatar. Il faut dire que le lancement a été orchestré d’une main de maître. Après avoir tenu en haleine la communauté francophone pendant plusieurs semaines, le ruban rouge a été enfin coupé par le ministre de la Culture, Dr. Hamad Bin Abdulaziz Al-Kuwari, et l’Ambassadeur de France au Qatar, M. Éric Chevallier.

Impossible de comprendre l’engouement que la communauté française porte à  l’ouverture d’une Fnac à Doha sans en revenir aux origines. C’est sans doute parce que l’ancienne Fédération nationale d’achats des cadres (FNAC) n’est pas une enseigne comme les autres. Son histoire se confond avec celle de l’évolution des industries culturelles en France, passant d’un statut d’entreprise artisanale à celui de société cotée en bourse en 1980.

Créée en 1954 par deux anciens trotskistes, André Essel et Max Théret, la Fnac est le symbole d’une classe moyenne qui émerge, plus aisée, plus cultivée, demandeuse de produits culturels. L’enseigne assure son succès grâce à de jeunes yuppies soucieux d’affirmer leur ascension sociale ; des hommes et des femmes qui aspirent désormais à un autre style de vie que celui de leurs aînés. Les fondateurs axent alors leur politique sur l’accès aux biens culturels à bas prix, avec l’ouverture d’un rayon livres à prix discount en 1974. Les petits libraires s’en émeuvent ; les éditeurs s’en inquiètent. La Fnac quant à elle s’affiche comme « agitateur culturel ». Deux points de vue s’affrontent : les tenants du prix libre contre ceux favorables au prix unique. La loi de 1981, dite loi Lang, tranchera : désormais les prix seront fixés par l’éditeur et la remise accordée par les points de vente ne pourra être supérieure à 5% du prix du livre.

La distribution de produits culturels a bien changé depuis, notamment avec l’explosion d’internet et des contenus numériques. Soucieuse de trouver de nouveaux relais de croissance, la Fnac développe une politique de franchise.

C’est dans cet esprit que l’enseigne a conclu en 2013 un accord avec Darwish Holding, spécialiste de la grande distribution et de la vente au détail au Moyen-Orient.

La Fnac Qatar nous semble avoir tenu ses promesses. Ce magasin est aujourd’hui le seul à proposer une offre de produits culturels francophones aussi large à Doha : la littérature classique côtoie la littérature contemporaine, les mangas et les BD se tiennent aux côtés des livres pour la jeunesse. Sans oublier les DVD. Le chef de produit a sélectionné des films montrant la diversité du cinéma français. Le cinéphile trouvera non seulement en rayon l’intégrale de Louis de Funès  mais aussi le remarquable « Alceste à bicyclette ». Qui dit mieux !



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