Norma Hokayem : L’école libanaise garantit une formation fondée sur l’excellence

Norma Hokayem : L’école libanaise garantit une formation fondée sur l’excellence

Outre le Lycée Bonaparte et le Lycée Voltaire, l’école libanaise propose également une section française aux libanais qui désirent que leurs enfants apprennent le français cette langue tout en suivant le programme national. Norma Hokayem,  directrice de la section française, revient sur les particularités de l’école et ses points forts.

Qatar Actu : Quel est votre parcours ?

Norma Hokayem : J’ai été recrutée au Liban, pendant la guerre de juillet 2006 qui avait secoué le pays, pour occuper le poste de directrice du cycle primaire. Au tout début, je dirigeais les sections française et anglaise. Puis comme l’effectif s’est vite accru, je suis désormais en charge de la section francophone uniquement.

Nous apportons également une attention toute particulière à la formation continue des équipes. Pour ma part, j’ai une licence en sciences sociales, je suis également diplômée en  Leadership et j’ai suivi le cursus du Principal Training Center-PTC qui forme les proviseurs d’écoles internationales. Je renforce actuellement mes compétences par une formation en sciences de l’éducation qui me permet d’aborder de nombreuses disciplines ; j’obtiendrai une certification cette année.

 

Qatar Actu : Depuis quand l’école existe-t-elle ?

Norma Hokayem : L’école a ouvert ses portes en 1975, au début de la guerre civile libanaise. C’est une initiative qui a été prise par quelques hommes d’affaires libanais ainsi que des bienfaiteurs qui vivaient au Qatar. L’idée était de réunir les Libanais au sein d’un même établissement et de leur donner la chance de suivre normalement les cours pour qu’en cas de retour au Liban, ils puissent continuer leur cursus sans changer de système scolaire.

L’école a donc une longue histoire au Qatar et comme il y a une demande croissante d’inscriptions, l’école grandit de jour en jour et nous essayons le plus possible de répondre à cette demande.

 

Qatar Actu : Combien y-a-t-il d’élèves ?

Norma Hokayem : Pour l’année scolaire 2013-2014, nous avons 1890 élèves toutes sections confondues, dont 957 pour la section française.

Malheureusement, comme c’est le cas de toutes les écoles au Qatar, nous sommes parfois obligés de refuser de nouveaux élèves faute de places. Pour nous, c’est un vrai défi. Dans les premières années de la vie de l’école, nous acceptions les élèves de toutes nationalités, mais vu le nombre grandissant de demandes, cela fait quelques années que nous donnons la priorité aux Libanais et aux Qataris, bien sûr, puisque le Qatar est le pays d’accueil de l’établissement. Aujourd’hui la liste d’attente est très, même trop longue, et nous sommes donc obligés de refuser des élèves.

Dans ce contexte nous essayons de nous agrandir. D’ailleurs le nouveau bâtiment est presque terminé et il sera inauguré l’année prochaine, mais même avec ce nouvel espace, ce n’est pas suffisant pour satisfaire la demande.   

Le problème que rencontrent les familles francophones est le manque de choix alors que les établissements anglophones sont bien plus nombreux.

Concernant les enseignants, ils sont au nombre de 120 ; au total, nous avons 72 classes. L’école comprend les sections maternelle, primaire et secondaire.

 

Qatar Actu : Comment s’organise la section française ?

Norma Hokayem : Le français, les sciences et les maths sont dispensés en langue française. L’histoire-géographie, l’éducation civique et la littérature arabe sont dispensés en langue arabe puisque nous appliquons le programme libanais afin que les enfants passent en classe de terminale le baccalauréat libanais.

Ils apprennent l’anglais en deuxième langue, à raison de deux heures par semaine, dans les petites classes.

 

Qatar Actu : Depuis quand la section française a-t-elle été créée ?

Norma Hokayem : Depuis l’ouverture de l’école en 1975. Le Liban étant francophone, Paris et Beyrouth ont toujours tissé des relations étroites, notamment dans le domaine de l’éducation. D’ailleurs quand l’école a été ouverte, elle abritait  uniquement la section française. Ce n’est qu’en 2001-2002 que la section anglaise a vu le jour.

 

Qatar Actu : Quelle est la mission de l’école libanaise ?

Norma Hokayem : C’est important pour nous de transmettre notre patrimoine national et nos traditions à nos élèves. C’est une manière de préserver notre héritage tout en instaurant des échanges et une ouverture avec le pays d’accueil, le Qatar.

Dans le même temps, l’une de nos missions est de garantir une formation qui soit fondée sur l’excellence et d’assurer un enseignement selon les objectifs du programme libanais. L’école libanaise est pratiquement la seule école internationale qui a la prérogative de faire passer l’examen officiel du brevet et du baccalauréat au Qatar, et plus précisément à l’ambassade libanaise. Nos élèves n’ont donc pas besoin de voyager pour passer leurs examens officiels. Ce qui est vraiment une chance pour eux.

 

Qatar Actu : Quel est votre positionnement par rapport aux deux autres écoles françaises ?

Norma Hokayem : L’école libanaise accorde une grande importance à la langue française et elle offre aux élèves la possibilité de poursuivre leurs études supérieures dans les universités francophones. On collabore avec l’Institut culturel français, notamment en faisant passer l’examen du DELF à nos élèves pour qu’ils soient fin prêts à étudier en France ou dans une université francophone.

Je pense que nous sommes à pied d’égalité avec les deux écoles françaises, même si nous privilégions la langue arabe au même niveau que le français ; ces deux langues bénéficient du même nombre d’heures d’enseignement.

Nous avons souvent eu 100% de réussite au baccalauréat ou 97% mais jamais moins.

 

Qatar Actu : Quels sont les défis auxquels l’établissement doit faire face?

Norma Hokayem : Le défi le plus important pour nous est le nombre de places limitées, puisque l’effectif des élèves est à son maximum. Malheureusement lorsqu’il n’y a pas de places au sein de l’établissement, certaines familles sont obligées de rentrer au Liban.

 

Qatar Actu : Quelle voie prennent vos élèves quand ils achèvent leur cursus dans votre établissement ?

Norma Hokayem : Comme je vous l’ai dit, ils ont tout le bagage nécessaire pour intégrer des universités francophones, que ce soit au Liban ou ailleurs. Puis après, chacun cherche sa voie en fonction de ses affinités.

 

Propos recueillis par Karine Jammal

Pour connaître les coordonnées de l’établissement, rendez-vous dans notre rubrique guide.

 

 

 

 

 



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