SE Eric Chevallier : « Le changement climatique n’est pas une théorie … c’est déjà notre réalité »

SE Eric Chevallier : « Le changement climatique n’est pas une théorie … c’est déjà notre réalité »

La France organise en ce moment plusieurs événements à travers le monde, grâce à ses ambassadeurs, pour préparer et sensibiliser le public à la Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Cette COP 21 se tiendra en France du 30 Novembre au 11 Décembre 2015.

 

Parmi ces événements, l’Ambassadeur de France, son excellence M. Éric Chevallier, avait organisé, hier dimanche 7 juin, un panel de discussion en collaboration avec HEC et QNRF (Qatar National Research Fund). La COP 21 se déroule à une échéance cruciale, puisqu’elle doit « aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C », a rappelé l’Ambassadeur de France.

 

Dans ce contexte, le Doyen d’HEC Paris in Qatar, M. Laoucine Kerbache, a souligné l’importance du rôle de l’éducation dans la lutte contre le changement climatique. « Les universités peuvent et doivent être un vecteur pour la recherche sur l’environnement », a ainsi indiqué M. Kerbache, donnant l’exemple de la création de l’Université Paris-Saclay, qui regroupe 23 institutions, dont HEC. Au sein de cette université se trouve Climate-KIC France, qui se focalise sur le réchauffement climatique pour tenter de trouver des solutions à un problème auquel les hommes doivent faire face rapidement, 2014 ayant été l’année la plus chaude jamais enregistrée. Le campus de recherche et de technologie reçoit du gouvernement français 2 millions d’euros pour la recherche, soulignant ainsi l’importance du sujet. Dans cette même optique, HEC Paris in Qatar propose un Master en Développement Durable et un Executive MBA en Energie, en collaboration avec Total.

 

Laissant la parole à M. Éric Chevallier, l’Ambassadeur de France a débuté sa présentation par une citation destinée à mettre l’accent sur le danger de la situation : « Le changement climatique n’est pas une théorie, ni un risque potentiel, c’est déjà notre réalité ».

 

  • M l'Ambassadeur de France au Qatar, Eric Chevallier

 

L’enjeu de la COP 21 est de taille. Il faudra pour la première fois parvenir à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser- voire d’accélérer- la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone.

 

« Pour cela, le futur accord devra traiter, de façon équilibrée, de l’atténuation – c’est-à-dire des efforts de baisse des émissions de gaz à effet de serre permettant de contenir le réchauffement global à 2°C – et de l’adaptation des sociétés aux dérèglements climatiques déjà existants », indique Eric Chevallier. Afin de marquer les esprits et de souligner l’importance de se maintenir en deçà des 2°C, l’ex-médecin donne l’exemple du corps humain : « Lorsqu’on a 39°C de fièvre, on est déjà à deux degrés de plus que la normale. Si on dépasse ces 2 degrés, on devra vivre tous les jours avec 40, 41 degrés… ».

 

M. Chevallier a par ailleurs rappelé que la COP 18 avait eu lieu au Qatar en 2012. Cette  rencontre a été importante puisqu’elle a permis de repousser la date limite du protocole de Kyoto pour 2020. « Il est temps maintenant pour le protocole de Kyoto d’évoluer et de changer», a affirmé l’ambassadeur de France, ajoutant que « les efforts devront prendre en compte les besoins et capacités de chaque pays. On ne peut pas demander à tous les pays de faire la même chose, mais il faut qu’il y ait une responsabilité commune. L’accord qui sortira de la COP 21 doit entrer en vigueur à partir de 2020 et devra être durable pour permettre une transformation à long terme. »

Concernant le Qatar, les menaces imminentes du réchauffement climatique seraient : une désertification croissante, une pénurie d’eau, une acidification de la mer et une hausse du niveau de l’océan.

 

Pour tenter d’endiguer le processus, le QNRF, au sein de la Qatar Fondation, continue ses recherches sur le réchauffement climatique et sur la réduction d’émission de CO2. Dr. Philippe Freyssinet, directeur Énergie et Environnement au sein de QNRF, a rappelé le lien étroit entre la recherche et la diplomatie sur le thème du climat. Il a en outre énoncé les risques écologiques et les risques pour la population dus au changement climatique.

 

Ce panel de discussion a montré l’importance et le besoin d’une volonté commune de lutter contre le réchauffement. L’Ambassadeur de France a d’ailleurs terminé son intervention par une citation du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon : « Il n’y a pas de plan B, parce qu’il n’y a pas de planète B ».

 

Karine Jammal



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