Xavier de Maistre en concert avec QPO

Xavier de Maistre en concert avec QPO

Xavier de Maistre est un harpiste français, considéré comme l’un des plus grands de sa génération. Xavier de Maistre nous parle de son art, du concert qu’il donnera ce samedi avec le Qatar Philharmonic Orchestra et de ses projets.

 

Qatar Actu : Êtes-vous issu d’une famille d’artistes ?

Xavier de Maistre : Il n’y avait pas d’artistes dans ma famille. Mon orientation a donc beaucoup inquiété mes parents. Néanmoins, je descends du philosophe Joseph de Maistre. Je ne sais pas s’il reste quelque chose. Pourtant, j’ai eu la fibre littéraire assez tôt bien que je sois issu d’une famille de scientifiques. Je ne sais pas s’il y a un lien.

 

Comment avez-vous choisi la harpe parmi tous les instruments ?

J’étais au conservatoire et mon professeur de solfège, que j’appréciais beaucoup, enseignait également la harpe. J’ai donc choisi cet instrument tout naturellement. Le lien avec le professeur est primordial au début pour s’attacher à un instrument.

 

Comment avez-vous décidé de vous lancer dans une carrière musicale alors que vous avez étudié à Sciences Po Paris ?

Après mes études à Sciences Po, j’ai pu décrocher un poste dans l’Orchestre symphonique de la radio bavaroise de Munich. Je ne me lançais pas vraiment dans une aventure risquée. J’ai fait néanmoins le choix de mener une carrière artistique.

Après deux ans à Munich, je suis entré à l’Orchestre Philharmonique de Vienne. Je voyais tous les ans le concert du nouvel an. C’était un rêve d’enfant. Je suis devenu le premier français à intégrer cet orchestre.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à vous lancer dans une carrière de soliste ?

J’ai intégré l’orchestre de Vienne à 24 ans. Je ne me voyais pas travailler pendant 40 ans au même endroit. En outre, quand vous êtes harpiste dans un orchestre, vous passez 90 % de votre temps à attendre. Je ne suis pas très patient de nature. Je faisais parfois des concerts en solo. Je remarquais qu’il y avait une vraie adhésion, quelque chose se passait. J’ai voulu défendre mon instrument en tant qu’instrument soliste, même si on m’avait toujours dit que ce n’était pas possible.
J’ai beaucoup travaillé sur le répertoire car il n’y a pas de concertos célèbres pour harpe.

 

Vous serez en concert ce samedi avec Dmitrij Kitajenko. Avez-vous déjà travaillé avec ce chef d’orchestre et pourquoi avez-vous choisi de jouer le concerto pour harpe de Reinhold Glière ?

J’avais déjà travaillé avec Dmitrij Kitajenko à Dresde, il y a deux ans. Nous avons choisi le concerto de Glière car il fait partie des grands concertos pour harpe. C’est un très beau concerto romantique d’inspiration russe qui plaît énormément au public. Cette pièce musicale permet de dévoiler toutes les possibilités sonores de l’instrument, toutes ses couleurs. La harpe, ce n’est pas seulement une succession de notes ; il est possible de recréer tout un univers sonore.

 

Votre dernier album « Moldau » a été enregistré en solo. Quel en est l’esprit ?

C’est mon 6e album chez Sony et jusqu’à présent j’avais enregistré uniquement des concerti ou des transcriptions. À la fin des concerts, lors des séances de signature, le public me demandait toujours un album solo. J’ai pensé qu’il était temps de faire un album complètement seul. Dans Moldau, je reprends des titres slaves pour mon instrument.

 

Quels sont vos projets ?

Pour mon prochain grand projet, je prends le contrepied de ce que j’ai fait jusqu’à présent. Je reprends le répertoire original qui a été écrit pour harpe et je vais dédier mon prochain album à Marie-Antoinette. Elle jouait de cet instrument. Quand elle est arrivée à Versailles, des harpistes de toute l’Europe sont arrivés à la cour et lui ont dédié des œuvres. La harpe était l’instrument en vogue dans la seconde moitié du XVIIIe. Je suis allé rechercher dans les archives les concerti qui avaient été écrits pour Marie-Antoinette. Il y aura un grand concert de gala, le 28 juin, à l’Opéra royal de Versailles avec les Arts florissants et William Christie. Je vais jouer pour la première fois sur harpe d’époque. Ce concert donnera lieu à un enregistrement. À la suite de cet évènement, il y aura toute une série de concerts à travers le monde du Musikverein de Vienne au Lincoln Center de New York. C’est un projet que nous allons décliner durant les prochaines saisons.

 

Êtes-vous intéressé par la composition ?

Je n’ai pas l’intention de composer mais d’inciter des grands compositeurs contemporains à écrire pour la harpe. La grande compositrice finlandaise Kaija Saariaho a écrit pour moi un concerto que j’aurai le bonheur de créer au Suntory Hall de Tokyo.

Propos recueillis par Patricia Gendrey

 

Écoutez aussi l’interview de Xavier de Maistre sur OryxFM (94.0) : jeudi 4 février à 18h45 – dimanche dans la matinale et à 13h45.



Categories: Musique

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